Analyse de marché / février 2026
Analyse du marché de l'acier · février 2026
Quand le soleil se lève au Canada, le prix de l'acier monte aussi.
La ferraille grimpe, les aciéries nord-américaines tournent presque à pleine capacité et le marché canadien n'a pas encore accepté le nouveau prix plancher fixé par les tarifs et contingents. Attendez-vous à des pénuries dès le T3 2026, quand les acheteurs devront remplacer leurs stocks à prix fort.

Matthew Barazin
Directeur général, Intermetalink · 15 février 2026 · 4 min de lecture
Matières premières
Depuis notre dernier rapport, les prix de la ferraille augmentent de façon constante, ce qui a un effet immédiat sur les produits plats et les produits longs. Les produits tubulaires nord-américains ont aussi vu leurs prix monter, puisque les aciéries de bobines ont annoncé des hausses.
Les coûts de l'énergie et du transport sont restés relativement stables. Toutefois, avec l'activité accrue dans le golfe entre les États-Unis et l'Iran, je dirais prudemment que l'énergie comme le transport pourraient connaître des changements très brusques. Si un conflit éclatait, cela aurait un impact sur les offres d'acier nord-américain et importé, et le fret maritime pourrait flamber de nouveau, en raison du coût du pétrole ou de la fermeture de voies maritimes.
Le minerai de fer, autre coût majeur de l'acier, a connu une forte montée au cours des six derniers mois, principalement en raison du réapprovisionnement saisonnier avant le Nouvel An lunaire et de l'optimisme des Chinois quant à un possible assouplissement quantitatif en Chine, qui entraînerait une hausse de la production d'acier.
Une prédiction ici : si les gouvernements nord-américains et européens imposent des contrôles à l'exportation de la ferraille (comme la Chine l'a fait récemment pour l'acier), la ferraille pourrait bouger violemment. C'est à surveiller de près. La ferraille est le battement de cœur, l'acier en est l'écho.
La ferraille est le battement de cœur, l'acier en est l'écho.
Capacité des aciéries, production et capacité d'importation
Les aciéries nord-américaines affichent un taux d'utilisation de 77 %, en hausse par rapport à l'an dernier. Il est communément admis que le plafond réel d'utilisation des aciéries nord-américaines est de 80 %. Sur l'activité des aciéries nord-américaines, j'ai entendu des signaux contradictoires.
D'un côté, je sais que les tarifs douaniers au Canada comme aux États-Unis ont servi à contrôler les prix à l'échelle régionale, ce qui permet aux aciéries nord-américaines de profiter des primes les plus élevées au monde sur les produits d'acier, FOB aciérie, en dollars américains.
Je sais aussi que plusieurs de nos clients directs ont intégré l'acier nord-américain à leur chaîne d'approvisionnement, si ce n'était pas déjà fait. Et c'est une bonne idée, surtout qu'on entend de plus en plus parler de politiques « Buy American » et, maintenant, de projets d'acier « achetez canadien ». Si j'étais du genre à parier, je dirais que les aciéries nord-américaines sont bien occupées en ce moment.
Toujours au sujet de la capacité des aciéries, je veux aborder ce que j'appelle la capacité d'importation.
En tant qu'importateur actif pour les marchés de l'Est du Canada, nous sommes soumis à des contingents sur la plupart des produits de notre catalogue. Si nous décidions de n'importer que les quantités pouvant être dédouanées avec des permis, sans tarifs douaniers, selon nos données, nous importerions 80 % de moins que ce dont notre clientèle a eu besoin par trimestre au cours des 2 dernières années. On peut bien parler de la baisse de la demande : elle est réelle, mais elle n'est pas de 80 %.
Sentiment du marché
Je ne pense pas que le marché canadien ait accepté les nouveaux prix planchers des produits d'acier. Après l'annonce du premier ministre Carney en décembre sur la réduction des contingents dans le système de contingents tarifaires (TRQ), les stocks disponibles se sont vendus rapidement, un peu comme les achats de panique pendant la COVID. Les contrats avec les utilisateurs finaux sont honorés en faisant la moyenne des coûts. Mais quand les stocks seront à sec, les coûts de remplacement seront beaucoup plus élevés.
En discutant avec des collègues et des négociants, on s'entendait pour dire que le marché n'est pas prêt à « passer à l'action ». « Trop d'inconnues, trop difficile de décider. »
Les gros achats et les besoins importants de 2026 seront comblés à même les stocks. Je crois que cela pourrait entraîner des problèmes d'approvisionnement dès le 3e trimestre de 2026.
Intermetalink et ses pairs auront en stock, tout au long de l'année, les produits d'acier dont nos clients ont besoin. Ne vous y trompez pas : nous paierons des tarifs douaniers sur ces produits. Mon message aujourd'hui est clair : n'hésitez pas à passer des commandes en importation directe (indent) pendant cette période de prix transitoire, où la capacité des aciéries et la capacité d'importation pourraient être moins disponibles que prévu.
Réflexions finales
- Le marché n'a pas encore accepté ni compris le véritable changement de prix.- Les politiques protectionnistes (tarifs douaniers) ne disparaîtront pas. Quiconque pense le contraire ne rend pas service à son organisation.
- Le premier ministre Carney réduira de nouveau les contingents d'ici juin 2026. Cela ouvrira une nouvelle période de hausses de prix pour les aciéries canadiennes.- Les infrastructures, les mines et les contrats gouvernementaux stimuleront la demande en 2026.
- Pour tout distributeur, avoir de l'inventaire sera la clé pour gagner des parts de marché, alors que les acheteurs en aval évitent de planifier leurs achats à long terme.
- La volatilité de la bourse américaine est préoccupante. Une correction boursière plus large entraînerait une ruée vers le dollar américain et une baisse des taux d'intérêt, ce qui affaiblirait le huard et alimenterait l'inflation. Deux mauvaises nouvelles pour le prix de l'acier en dollars canadiens en 2026.
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